De la chute à l’ascension : comment j’ai multiplié par 10 mon capital

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Après la chute, il reste souvent deux options : Abandonner ou apprendre.

Lorsque j’ai soldé mon investissement qui m’a permis un rendement de -90% avec à peine 300 € restants, j’aurais pu considérer cette somme comme une perte définitive, une relique d’un mauvais choix, bonne à être oubliée. Mais au lieu de cela, j’ai fait autre chose : j’ai décidé de changer radicalement de méthode.

Je ne voulais plus “me refaire vite”. Je voulais bien faire dans les règles de l’art.

C’est à ce moment-là que je me suis replongé dans les écrits de Peter Lynch, l’un des plus grands investisseurs du XXᵉ siècle, célèbre pour avoir identifié des entreprises capables de multiplier leur valeur par dix, parfois vingt ou trente : les fameux 10-baggers.
Et c’est ainsi que j’ai croisé la route de Palantir Technologies.

Repartir de zéro, mais pas sans méthode

Peter Lynch répétait souvent que les meilleurs investissements ne viennent pas de modèles mathématiques complexes, mais d’une compréhension claire d’une entreprise, de son activité et de son potentiel réel.

Son approche repose sur quelques principes simples :

  • investir dans des entreprises que l’on peut expliquer simplement,
  • chercher une croissance réelle, pas une promesse,
  • accepter la volatilité,
  • et surtout… laisser le temps travailler.

Je souhaitait investir mes 300 € restant de Teract et j’avais quelque chose de précieux : l’humilité acquise par l’échec.

Palantir : une entreprise à part

Palantir n’est pas une entreprise comme les autres.
Fondée en 2003, avec le soutien initial de la CIA via In-Q-Tel, elle s’est spécialisée dans l’analyse de données massives pour des usages critiques :

  • renseignement,
  • défense,
  • lutte contre le terrorisme,
  • puis progressivement, entreprises privées, industrie, santé et énergie.

Ses deux plateformes principales (Gotham (secteur public) et Foundry (secteur privé)) permettent de transformer des données complexes et fragmentées en outils d’aide à la décision.
Ce qui m’a frappé immédiatement, ce n’était pas seulement la technologie, mais le type de clients : gouvernements, armées, agences de renseignement, grands groupes industriels.

Autrement dit, il s’agit de clients peu sensibles aux cycles, qui s’engagent sur des contrats longs et récurrents et c’est une activité profondément stratégique pour eux.

Un secteur structurellement porteur

Palantir se situe à la croisée de trois mégatendances :

  1. La montée en puissance de l’intelligence artificielle
  2. L’explosion des volumes de données
  3. Le retour des enjeux géopolitiques et sécuritaires

Les budgets militaires mondiaux sont en hausse continue depuis plusieurs années, tout comme les investissements dans l’IA appliquée à la défense, à la cybersécurité et à la logistique stratégique.
Palantir n’est pas une entreprise “à la mode”. C’est une entreprise nécessaire.

Mon point d’entrée : 15 dollars

Lorsque je suis entré sur Palantir, l’action cotait environ 15 USD.

À l’époque l’entreprise était encore déficitaire sur le plan comptable et largement incomprise par le marché.
Mais en creusant, j’ai vu autre chose :

  • une croissance du chiffre d’affaires solide,
  • une base clients en expansion,
  • une amélioration progressive des marges,
  • et surtout, une capacité unique à s’intégrer profondément chez ses clients.

Palantir n’est pas un logiciel que l’on remplace facilement. C’est le genre d’outil informatique qui, une fois installé, devient le système nerveux de l’organisation.
C’est exactement le type d’entreprise que Peter Lynch aurait qualifiée de “fast grower with a moat”.

Le temps fait son œuvre

Puis… j’ai attendu. Pas sans doutes et pas non plus sans volatilité.
Palantir a connu des phases de baisse brutales, parfois violentes.
Mais à chaque publication de résultats, une chose devenait plus claire : l’entreprise avançait.

Elle atteignait la rentabilité opérationnelle puis générait du free cash-flow positif.
Elle signait des contrats de plus en plus importants, notamment avec les USA et des gouvernements occidentaux. Pas à pas, elle devenait un acteur clé de l’IA opérationnelle, bien avant la vague médiatique actuelle.

Et le marché a fini par s’en rendre compte.

De 15 à 170 dollars : le 10-bagger

Quand l’action a dépassé les 170 USD, j’ai réalisé quelque chose de rare : j’avais trouvé mon premier véritable 10-bagger.
Un investissement multiplié par plus de 11 ! 300 € transformés en plus de 3 000 €.

Exactement ce que décrivait Peter Lynch : “A few big winners will make your portfolio.”

Chance ou compétence ?

La question est inévitable. La réponse honnête que je peux vous donner : un peu des deux.

Ce qui relevait de l’analyse

  • Un secteur stratégique.
  • Des clients solides et récurrents.
  • Une technologie différenciante.
  • Une trajectoire financière claire.

Ce qui relevait de la chance

  • Le timing macroéconomique.
  • L’accélération mondiale de l’IA.
  • Le regain d’intérêt pour les valeurs liées à la défense.

Même Peter Lynch le reconnaissait : on ne contrôle jamais entièrement le contexte.

Le vrai problème d’un 10-bagger : quand vendre ?

Et c’est là que commence la partie la plus difficile pour moi à l’heure où j’écris ces lignes.
Palantir est aujourd’hui très chère selon de nombreux critères : les multiples de valorisation élevés, les attentes du marché sont immenses et la moindre déception est potentiellement sanctionnée.

La question n’est plus de savoir s’il s’agit d’une bonne entreprise mais de savoir si le prix actuel reflète encore un potentiel de croissance raisonnable.

Quelle baisse est tolérable ?

Peter Lynch n’aimait pas les règles mécaniques, mais il insistait sur un point : on vend quand l’histoire change, pas quand le prix bouge.

Les signaux qui pourraient me pousser à sortir seraient :

  • une stagnation durable de la croissance,
  • une perte d’avantage concurrentiel,
  • un changement stratégique défavorable,
  • ou une valorisation totalement déconnectée des fondamentaux. Et c’est sur ce point que je pense devoir prêter le plus attention.

En attendant, plusieurs options existent : ne rien faire, et accepter la volatilité, prendre partiellement des profits ou rééquilibrer progressivement.

Il n’y a pas de bonne réponse universelle. Seulement des décisions cohérentes avec son profil et ses convictions.

Ce que Palantir m’a appris

Cet investissement m’a appris plus que beaucoup d’autres :

  • que la patience est une arme,
  • que les 10-baggers existent vraiment,
  • que la volatilité n’est pas un risque, mais un passage obligé,
  • et qu’un petit capital bien investi vaut mieux qu’un gros capital mal compris.

Conclusion : du chaos naît parfois la clarté

Palantir n’est pas seulement une réussite financière. C’est le symbole d’un changement profond dans ma manière d’investir.

J’ai appris à respecter le temps, comprendre avant d’acheter, accepter l’incertitude et surtout, ne pas confondre prix et valeur.

Comme Peter Lynch l’a montré toute sa vie, un 10-bagger ne se reconnaît pas le premier jour. Il se révèle à ceux qui savent attendre, observer… et parfois, simplement ne rien faire.
Le plus dur n’est pas de trouver une bonne entreprise. C’est de lui laisser le temps de devenir grande.

UpDate : Peu de temps après la publication de cet article, les résultats annuels ont été publiés. J’ai pu constater que l’entreprise poursuivait sa croissance spectaculaire ce qui est très positif. En parallèle, j’ai eu le sentiment que le marché commençais à s’échauffer sur les sujets autour de l’IA. Etant donné une valorisation très élevée, traduite par son P/E ratio, j’ai fait le choix de m’en séparer. Il est clair qu’à ce jour l’entreprise est sur-évaluée. Le risque serait un correction très brutale vers une valorisation plus cohérente. Attention, je ne dis pas que dans quelques années, le résultat ne justifiera pas cette valorisation. Je suis donc sorti à 135€, là où j’étais entré à 13€. J’ai effectivement multiplié mon investissement par 10 ce qui est exceptionnel !
Quelques mois après ma sortie, la hausse avait repris (aujourd’hui 150€)
. Bien que j’aurais pu en profiter, je suis en accord avec mon choix de sortie car il faut savoir aussi être raisonnable. Mon objectif n’est pas de faire des « coups » mais de développer mon capital sur le long terme.


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